La Symposie 2020

lun. 5 OCT. 2020 / théâtre de chartres

La Symposie 2020


“L’avenir n’est plus ce qu’il était.”
Demain le restaurant : Propos salutaires contre crise sanitaire

 

Cette année, nous avions fait le choix fort d’évoquer le genre en cuisine à travers le thème Masculin-féminin. Mais la crise du (de la ?) Covid est passée par là et le monde de la restauration a été touché de plein fouet. Touché d’un point de vue économique évidemment mais également et peut-être encore plus durablement au plus profond de son ADN. En effet, les mesures sanitaires – aussi indispensables soient-elles – sont autant de (gestes) barrières à ce qui fait l’essence même de la gastronomie : la réunion, l’échange, la convivialité.

C’est pourquoi nous avons décidé de modifier la thématique de la Symposie. En effet, la question qui se pose aujourd’hui à tous les cuisiniers-restaurateurs, hommes ou femmes, est celle de l’avenir même du modèle de restaurant tel que nous l’avons connu jusqu’ici. Pour autant, nous n’abandonnons certainement pas notre thème masculin-féminin que nous aborderons l’année prochaine (lorsque la pression du Covid sera retombée). C’est une thématique essentielle sur laquelle nous avons beaucoup de choses à vous raconter.

« L’avenir n’est plus ce qu’il était. » En empruntant cette phrase à Paul Valéry (1871-1945), nous souhaitons, lors de la Symposie, dresser un constat sincère de l’état de la restauration française, partager les expériences des uns et des autres et réfléchir aux solutions d’avenir. En cette période d’incertitude, il convient plus encore de se retrouver pour échanger, réfléchir et mettre en place des solutions pour promouvoir la gastronomie française et ses acteurs. Quels sont les impacts économiques à moyen et long terme pour les restaurateurs ? Circuits courts, saisonnalité, mise en avant des producteurs, le discours médiatique des chefs est-il en voie d’uniformisation ? Face à la crise, les guides gastronomiques semblent désemparés. Comment noter sans pouvoir visiter ? Comment raconter un changement sans changer soi-même ? Cette période de crise aurait dû être profitable à la création. À l’heure où s’écrivent ces lignes, et où les restaurants commencent à rouvrir, cela ne semble pas être le cas. Si la vente à emporter a permis de remettre en marche certaines maisons, elle a également creusé un fossé entre la gastronomie et l’assiette. Le restaurant gastronomique doit-il se réinventer ? Si oui, sur quel modèle ? La Haute gastronomie a-t-elle encore un avenir ?